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Dernière mise à jour de la page: 7 aout 2010 Dr Fabrice Lorin Psychiatre des Hôpitaux
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La douleur dans le judaïsme La culture religieuse imprègne profondément l’approche de la douleur et son traitement. Dans la question d’une anthropologie de la douleur, quelles sont les spécificités juives face à ce symptôme, quelles sont les conceptions d’une permanence singulière de 3000 ans ? LéDor Vador, de génération en génération.
Pour résumer et aller à l’essentiel, le judaïsme n'est pas une religion de mortification ou d'ascèse. Elle est une révélation. La douleur volontaire n’a aucune signification, et n'aura aucune valeur rédemptrice . Toute douleur doit être apaisée et traitée. La douleur ne peut donc être ni une recherche, ni une célébration, ni une sanction, ni un espoir, ni un pardon. Elle doit être combattue sans complaisance. A travers douze chemins de montagne, nous allons tenter d’explorer sur ce sujet, le "massif hébraïque" (Ricoeur). Remarquons que notre connaissance du sujet reste fort incomplète et le lecteur voudra bien nous lire avec la plus grande des indulgences. Par avance, nous l'en remercions.
1- Une célébration de la vie Le judaïsme célèbre la vie, pleinement la vie. « Vers les vies » est au pluriel, Le’haïm. Et le peuple s’affirme toujours vivant, ‘haï חי L'injonction de la vie, "ouba'harta ba'haim", vous choisirez la vie, est dans le Deutéronome 30:19: "Choisis la vie, afin que tu vives..." תבחר בחיים. Valeur éthique centrale dans la vie d'un juif. Facteur de survie d'une religion vouée mille fois à disparaitre? Chaque religion développe un corpus de valeurs, de croyances et de symboles centrés sur des temporalités humaines. Le catholicisme a pu célébrer la souffrance et la mort à travers la passion de Jésus, le protestantisme insiste sur la résurrection et le retour à la vie, l'islam est tourné vers un avenir qui est l'au-delà. Le judaïsme est un hymne à la vie et à un futur humain meilleur. Dès lors le Kaddish, appelé prière des morts, est avant tout un hymne à la vie. Certes le judaïsme a abordé la notion d'un Dieu triste et fragile, en souffrance. En effet, les Maitres de la Tradition, les khakhamim, disent qu'il existe un lieu appelé ba-Mistarim במסתרים qu'on peut traduire par "dans les lieux cachés", où Dieu pleure toutes les nuits. Dans la tradition juive, il y a donc un Dieu qui rit, un Dieu qui pleure, un Dieu sensible, un Dieu pour qui ce qui ce passe ici-bas est un drame et qui nous attend à la fin de l'Histoire; un Dieu qui participe, mais qui attend l'Homme. Mais le Dieu juif, même s'il est sensible, il n'est pas fragile, il n'est pas le Dieu chrétien. 2- Les médecins juifs C'est pourquoi depuis les temps anciens, il y a toujours eu beaucoup de médecins juifs. Soigner pour conserver la vie. D'autre part la profession médicale fut une des rares activités tolérée pour les juifs. Ensuite parce que les sciences sont essentielles dans la conception juive du monde, la recherche et la connaissance sont une nécessité pour la priorité de la vie, essentielle et absolue. Dans la Torah, si un juif ne doit pas vivre dans un endroit sans médecin, cependant il ne doit pas mettre toute sa confiance dans un seul médecin. Une histoire raconte qu’il faut s’installer dans une ville où il y a deux médecins…et deux synagogues. Cependant la disparition progressive du spirituel au profit du matériel, du sacré au profit du profane, a conduit le médecin à remplacer le prêtre (Cohen) dans la gestion du pur et de l'impur. Tahor véTamè טהור טמא. Le pur c'est ce qui est de l'ordre de la vie, l'impur ce qui est de l'ordre de la mort.
3- La maladie Dans le judaïsme, la maladie est une manifestation de Dieu afin que l'homme prenne conscience de ses fautes par le corps ou l'âme. Le juif ne croit pas en Dieu, il croit Dieu. Il ne parle pas de Dieu, il parle à Dieu. Et c’est dans le cadre de ce dialogue qu’il peut interpeler Dieu, voire le mettre à l’épreuve. Attitude singulière dans l’histoire des religions, où la soumission totale est de règle. Le Tikkoun olam, réparation du monde, est une notion du judaïsme cabalistique. Les kabbalistes nous disent qu'il faut réparer les vases brisés lors de la création, en suivant la loi juive, la Halakha. Les libéraux avancent que le juif doit réparer le monde par la voie politique et la justice sociale. La médecine est dans ce mouvement, elle doit traiter la souffrance et la douleur. Le judaïsme proscrit l’ascèse et la mortification. La douleur auto-infligée n’a aucun sens. Toute douleur doit être apaisée et traitée.
4- Le vocabulaire de la douleur en hébreu La douleur se dit en hébreu Keev כְּאֵב La souffrance se dit Sevel סֵבֶל ou en hébreu ancien עצב Les souffrances, les tourments, un mot au pluriel car de signification forte se disent yissourim ייסורים עונש signifie le châtiment. Le judaïsme autorise donc un dialogue entre le croyant et Dieu; ce dialogue peut aller de la plainte, du gémissement, de l’interpellation jusqu’à la rébellion. Le livre de Job est une bonne illustration de cette dialectique. Plus en profondeur, Job pose cette question inédite : Dieu peut-il vouloir le malheur, la douleur et la souffrance des hommes ? La shoah a reposé avec horreur la question de Job. Ou Job pratiquait-il sans comprendre, sans se poser de questions ? C’est l’interprétation de Maïmonide. 5- Les cohanim, prêtres du Grand temple, étendaient la règle humaine aux animaux : il fallait tuer l’animal du sacrifice, sans le faire souffrir. La Cacherout, désigne l'ensemble des règles alimentaires juives. Ces règles se trouvent mentionnées dans la Torah et sont développées dans la Tradition orale, le Talmud. La chéhita ou jugulation, consiste à trancher la majorité de l'œsophage et de la trachée artère avec un couteau effilé. Le but de la chéhita est de ne pas faire souffrir l'animal, puisque la jugulation vide instantanément le cerveau de son sang et donc supprime toute douleur. 6- La circoncision, Brit milah, depuis Abraham symbole d’alliance avec Dieu, doit être effectuée à 8 jours, et si possible sans douleur. 7- Si une femme a trop souffert lors d’un accouchement, elle peut être autorisée à utiliser une contraception. Fait rare dans l’histoire des religions qui promeuvent de préférence la natalité. 8- Communauté et douleur La famille doit entourer et soutenir l'homme souffrant. Il ne peut rester seul dans l'isolement et le dénuement. Depuis 3000 ans, l'histoire du peuple juif et les souffrances endurées, éclairent bien sur le refus de la douleur par un étayage familial et communautaire fort. Le phénomène diasporique accentue la prééminence du lien social intrafamilial.
9-Approche philosophique : l'humanisme juif et la douleur L’humanisme juif est à la base du refus de la douleur. Mais pour certains, l'humanisme n'est pas un héritage juif, car le souci de pureté a toujours pour conséquence l'absence de prosélytisme de la tradition juive. S'il y a absence de prosélytisme, il y a communautarisme, donc distinction et rejet, et refus de l'universalisme humaniste. Pour d'autres, l'humanisme est l'héritage du judaïsme. Le souci de pureté n'a pas empêché les juifs d'être dans le passé une religion prosélyte; jusqu'à atteindre les 10% de la population de l'empire romain (5 millions sur 50 millions d'habitants). L'humanisme juif nait très tôt, dès la genèse, dans la paracha de Bérechit. La Torah nous dit que tous les hommes descendent d'un couple fondateur, Adam et Ève. Il n'y a donc pas de races supérieures, pas d'ethnies d'origine supérieure, pas de peuples supérieurs à d'autres. Ils évolueront par la suite de manière différente, mais le creuset primordial est le même pour tout être humain. Puis dans la paracha de Noa'h, Noé, 7 commandements sont définis. Ils sont appelées les Lois noahides: interdiction de blasphémer, de tuer, de voler, d'union sexuelle illicite, d'idolâtrer, de manger un animal encore vivant et le devoir d'établir un système de justice avec des tribunaux. C'est la base d'un système politique humaniste. Puis le peuple hébreux nait avec Abraham et l'alliance. Derrière la représentation légendaire d'Abraham prêt à sacrifier son fils Isaac sur le Mont Moriah à Jérusalem, se joue l'interdiction des sacrifices humains il y a 4000 ans. Dieu arrête le geste d'Abraham, Dieu demande l'interdiction des sacrifices humains. Nous savons qu'ils perdureront encore plusieurs milliers d'années dans d'autres cultures... Une question se pose d'ailleurs sur Abraham: a-t-il bien compris l'ordre de Dieu de sacrifier Isaac? Ou l'a-t-il rêvé ou a-t-il déliré? Woody Allen dit qu’Abraham n’avait décidément pas le sens de l’humour ! Dieu aurait-il pu demander un sacrifice humain offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai? Enfin le décalogue, transmis par Moïse aux hébreux, est un des plus anciens règlements de la vie humaine. Plus de 700 ans avant la première déclaration des droits de l'homme, le fameux cylindre du roi perse achéménide Cirrus-le-grand, écrit en 539 avant JC. Cirrus a failli se convertir au judaïsme et avec lui tout le peuple perse. Le moyen orient aurait un autre visage de nos jours... Nous devons nuancer la pensée juive vis-à-vis de la Loi en général. Il y a des lois naturelles qui règlent la vie humaine, normées par les commandements, et qui introduisent le droit à la sureté (tu ne tueras point), le droit à la propriété (tu ne voleras point), l'exigence de fraternité (aime ton prochain comme toi-même) et la nécessité d'égalité des humains et de l'inscrire dans le droit. Et il y a la vie des hommes: elle est caractérisée par la transgression! Vie humaine et vies des hommes sont donc deux chapitres bien différents, mais complémentaires. Puisque les hommes sont libres de choisir entre le bien ou le mal, ils peuvent transgresser à tout instant. Le judaïsme montre en son cœur la dualité transgression/repentir (Téchouva). 10- Médecine, connaissance et judaïsme Raphaël DRAÏ dit que le judaïsme énonce trois injonctions: l'injonction de la connaissance, l'injonction de la prudence et l'injonction du discernement. L'injonction de la connaissance est inscrite dans les Proverbes 3:6 de Salomon: "Par toutes les voies, connais-le" בְּכָל־דְּרָכֶיךָ דָעֵהוּ וְהוּא יְיַשֵּׁר אֹרְחֹתֶיךָ Le juif ne peut avoir aucune limite dans sa volonté de connaissances: scientifique, littéraires, philosophiques...Toutes les connaissances. Il y a 3000 ans, Dieu donne la Torah, il s'adresse à l'ensemble du peuple d'Israël. Il dit à Moïse que le rôle des Maitres d'Israël sera de découvrir à travers leur raisonnement et leur travail, les différents aspects de la Vérité. Il énonce le double principe de la transmission et du monde de l'Étude, du questionnement. Dans la cabale, les trois premières séphiroth sont la Khokhma חכמה (sagesse), la Bina בינה (intelligence) et Daat דעת (connaissance). C'est une mitzva, une recommandation que de connaitre. Mais il y a la prudence, celle qui ordonne de ne pas consommer le fruit de l'arbre de la connaissance dans le Gan Eden, le jardin des délices. L'être humain placé dans des conditions primordiales se heurte à cette injonction. Enfin le discernement représenté par la prière de fin de shabbat, la Havdala ou prière du discernement. Le verbe lehavdil להבדיל qui signifie discerner. Le juif est donc au cœur d'une dialectique entre deux injonctions contradictoires et une troisième résolutoire. La dialectique -grecque ou juive- créée un dynamisme de la pensée, une énergie et un mouvement d'ouverture. Mais elle peut conduire à la folie, à l'excès, la démesure. Maïmonide disait que "l'être humain est le seul élément du vivant qui soit doté de folie". Et Montesquieu dans l'esprit des lois affirme que " l'Homme est le seul être qui transgresse les lois dont il se dote". 11- Philosophes juifs et douleur : Baruch SPINOZA, d'abord héritier de DESCARTES et du rationalisme continental, a conçu un monisme original et opérant; le problème corps-esprit est à considérer comme « une seule et même chose, mais exprimée de deux manières ». SPINOZA élimine toute finalité de la Nature, toute planification intentionnelle. Son monisme intégral fournit un cadre de pensée satisfaisant pour les neurosciences et les avancées en biologie, sciences cognitives, sciences physiques et chimiques. Même son déterminisme absolu rend possible une liberté par la connaissance et laisse de côté le fumeux libre arbitre à ses illusions. Pour SPINOZA, savoir qu'une douleur est due à telle cause, ce n'est pas du tout la même chose que de me croire malade parce que je suis maudit, puni pour mes fautes, mis à l'épreuve par la volonté de Dieu « ce refuge de l'ignorance ». Si je comprends le processus par la connaissance et le savoir, je cesse de le subir en aveugle. Je deviens pleinement vivant et je participe à l'activité de Dieu Nature, Deus sive natura. Il avance dans l'Éthique que «la douleur est le passage à un état de moindre perfection». La douleur, la souffrance ne sont jamais bonnes par elles-mêmes : le spinozisme s’oppose et à l’ascétisme et au dolorisme. Pour SPINOZA, l'homme est animé du conatus, cet effort de persévérer dans notre être, l'augmentation de notre puissance d'agir ou de penser. Le corps cherche l'utile et l'agréable, l'âme recherche la connaissance pour elle-même. Le conatus rejoint le concept d'élan vital des psychiatres, ou de désir des psychanalystes. La dépression est la faillite du conatus. Le philosophe juif d'Amsterdam était un intellectuel solitaire, exclu de la communauté juive, il polissait des lentilles pour télescopes afin de gagner sa vie; il a bouleversé la pensée et inventé la modernité. Au XXème siècle, le philosophe LEVINAS réinterroge les concepts de liberté et de déterminisme à travers une confrontation de la philosophie grecque et du judaïsme. Si ses thèmes connus sont le visage, la responsabilité, la réflexion de Levinas trouve ses sources dans la philosophie, plus précisément la phénoménologie, et dans le judaïsme. Deux sources qui se nourrissent et s’interrogent l’une et l’autre. Sa phénoménologie est une phénoménologie de la Révélation et de la gloire de Dieu, et s’appuie sur le dieu juif qui n’est pas le dieu chrétien. Le dieu juif n’a pas été incarné et cela importe dans la description de la transcendance. Levinas veut faire une critique de la philosophie de l’être de Heidegger, à partir du judaïsme. Faut-il partir du Dasein ou partir de l’être juif ? Il fait du judaïsme une catégorie ontologique. Si l’être juif est une catégorie de l’être, c’est associé à deux thèmes : le thème de la persécution. C’est la persécution de la subjectivité de la personne, dans ce qu’elle a de plus unique, on ne persécute pas des choses ni des idées. Le second thème est que L’être juif au commencement n’est pas libre, il est déjà habité par une alliance et par une élection. Il est précédé dans l’être par une parole qui l’appelle et le fait responsable. La Grèce est la rigueur du concept, de la raison, mais avec l’être juif il y a un autre point de départ. Le bonheur de l’homme n’est pas dans la liberté mais dans l’obéissance à une idée supérieure à lui. La liberté procède de l’obéissance à la transcendance. L’obéissance à Dieu, dans laquelle j’abandonne tous mes pouvoirs de sujet, paradoxalement m’élève et m’inspire. La liberté procède d’une obéissance hétéronome, pas autonome. Cette obéissance, loin de m’aliéner, me libère ! La vraie liberté c’est dans l’obéissance et non dans la liberté totale de l’homme face à lui-même. L’obéissance a la même racine étymologique que l’écoute. Cette obéissance me fait advenir à ce que je suis dans ma profondeur la plus singulière. C’est une élection. Levinas marque avec force le fait que «la souffrance physique, à tous ses degrés, est une impossibilité de se détacher de l'instant de l'existence», et qu'il y a dans la douleur et la souffrance une «absence de tout refuge», une «impossibilité de fuir et de reculer». «L'épreuve suprême de la liberté n'est pas la mort, mais la souffrance» (Totalité et infini, p. 216). C'est à cette épreuve de la souffrance que médecins, infirmières ou infirmiers et toute personne humaine concernée ont à répondre, en réalité. Depuis la seconde guerre mondiale, le traitement de la douleur est devenu une priorité humaniste du monde occidental. Il est né aux USA. Pourquoi? Nous avançons l'hypothèse culturelle et religieuse, du double souffle du judaïsme et du protestantisme sur la médecine, un judéo-calvinisme influent; mais en réalité une synthèse de l'éthique nord-américaine, association d'une émigration wasp (white anglo-saxon protestants) et d'une émigration juive. 12- L’humour juif est-il un masochisme ? Quelle est la prière que fait une femme juive pour accoucher sans douleur ? Réponse : Bore Peridural (allusion à la bénédiction sur le vin Bore peri hagefen) L'autodérision de l'humour juif, est souvent considérée comme masochiste. Puis on évoque le mur des lamentations ou bien le livre des lamentations de Jérémie. Pour conclure rapidement que le juif est souvent dans la plainte et le masochisme. Quand est-il de cette affirmation? Est-elle pertinente? Rappelons que le Mur des Lamentations est une invention britannique du XIXème siècle, traduite de l'arabe! Pour les juifs, nulles lamentations, le Mur est le Kotel occidental, mur ouest, lieu de vœux et de prières, pas un lieu de plaintes. L'humour yiddish a pourtant dénommé l'homme qui est adepte de la plainte: le Kvetscher, qui vient de Kvetsch la plainte. L'autodérision conduit à des formules comme " Born to Kvetsch", né pour se plaindre. La "plainte juive" n'est pas masochiste, elle est du coté du rire et de la vie. Le code est: "je me moque de moi en train de me plaindre, non pas de la situation en soi, et je réagis à mon angoisse et je m'adapte". Il ne faut pas prendre la plainte pour argent comptant! Daniel Sibony nous dit que le rire, c'est secouer l'identité en étant sûr qu'on peut la récupérer. Sinon c'est l'angoisse...Il faut saisir l'humour dans la bible en général et même dans le livre des lamentations de Jérémie en particulier: "Jusqu'à quand, Oh mon Dieu, vas-tu te mettre en colère éternellement?" Se plaindre, c'est se consoler de son malheur afin de l'éloigner. Se plaindre de sa douleur, de sa souffrance, a pour but de l'écarter. La plainte peut être une litanie réconfortante et rassurante. Mais par l'humour et l'autodérision, on se console aussi de son bonheur d'être élu. Quand la douleur et la souffrance sont trop fortes, les règles de pudeur, de tsiniout vont alors intervenir. L'écrivain polonais Stanislaw Jerzy Lec, évadé de camps de concentration, disait: "Ne succombez jamais au désespoir: il ne tient pas ses promesses". Tam vé lonishlam: terminé mais point achevé
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